Petite fille.

https://deezer.page.link/K94mKNLDoQChghTf9

J’entends encore ce générique, celui des Chevaliers du zodiaque retentir.

Je vois encore le canapé vert amande de leur maison, moi assise entre deux coussins à attendre que le générique annonce la fin de mon répis.

Je le vois la bouche entrouverte,les lunettes posées sur le bout de son nez,les yeux rivés sur cet écran.

Sa mère préparait à chaque repas de la salade avec une vinaigrette forte en ail. Et quand il respirait,je pouvais sentir les relans de cette sauce qui émanaient de sa bouche. Aujourd’hui encore je peux sentir cette odeur âcre qui me rendait malade quand il parlait au dessus de mon nez.

J’aurais tant aimé que ce générique ne s’arrête jamais, qu’il m’oublie, que ma sœur redescende. J’aurais tant aimé aller écouter A-ha avec elles, mais j’étais trop petite.

J’ai 7ans, ma mère part tout les matins très tôt pour se rendre à son travail. Et nous laisse ma sœur Florence et moi chez la voisine. Ils ont un fils et une fille. Christine âgée de 4 ans de plus que moi, élevée comme une princesse, Danseuse classique et plus intéressée par son apparence et les garçons, que par la famine dans le monde. Une vraie égocentrique dont les parents exécutent tout les caprices.

Et puis il y a Lui dont je tairais le nom. On a deux ans d’écart, élevé dans l’ombre de sa sœur, et qui idolâtre son père.

Lui qui reçoit des « pegass » de sa mère, à la moindre connerie.

Lui qui rentre dans des rages folles des qu’on le contrarie, où qu’il se fait gronder. Lui qui me fait peur,et dont je ne veux réveiller la colère. Lui qui aime diriger,m’imposer ses jeux.

J’ai 7 ans et j’ai peur.

J’ai 7ans, et je suis une petite fille. Je ne sais pas grand chose, tant que ma sœur est là je ne risque rien.

Je le sais maman me l’a dit. Florence elle a trois ansde plus, je l’aime ma sœur, elle me protège.Avec elle je ne risque rien.

Mais ce jour là, elle ne veut pas rester avec moi. Elle veut aller avec Christine écouter le dernier 45 tours de AhA. Elle ne  veut pas rester avec les petits.

Elle est dans la chambre de Christine, j’entends Morten Harket qui chante le début de sa chanson. J’adore le clip, mêlant vidéo et dessin animé.

Il est au début de sa chanson,et pour moi c’est la fin du générique.

Sa voix résonne encore en moi. Ses yeux lâchent l’écran, comme s’il prenait conscience que j’étais là.

Le couperet tombe : »on monte dans ma chambre,on va jouer aux chevaliers « 

« Non,je veux regarder encore la télé »

« si on monte,je te dis ! »

Je n’ai pas le choix, si je ne m’exécute pas,je sais comment ça va se passer.

Il va s’énerver,et au final je serai obligée de monter.Alors je m’exécute, je lui dis que d’abord je veux faire pipi, histoire de gagner du temps.

Je revois les escaliers en bois qui montent à sa chambre.Je peux encore entendre le grincement des Marches sous le poids de son corps. Je sais qu’il attend derrière la porte.

Quand je sors il est là, la porte de la chambre de sa sœur et juste a côté. J’entends nos sœurs qui discutent, sa mère est en bas en train de pailler une chaise. On est que tout les deux, je suis seule avec lui. Je suis vulnérables,et j’ai peur. Je sais ce qui va se passer, une fois qu’il aura fermé la porte.

Je serai Athena et lui le chevalier du Phoenix ou Pégase. Après avoir mené différentes bataille imaginaire, pour me défendre moi Athena déesse de la guerre contre des méchants chevaliers. Il va me demander de m’allonger sur sont lit, sur ce couvre lit chenille bleu. Il va remonter ma robe et me demander d’enlever ma culotte.

Je ne dirai rien et je m’executerai en silence. Il m’expliquera que son Chevalier et moi on est amoureux et que pour le remercier de m’avoir sauvé on va faire des bébés.

Drôle de façon de remercier quelqu’un. Mais ce n’est qu’un jeu, on fait rien de grave tu sais. C’était sa façon de minimiser la chose.

Je suis là sur le lit, les yeux rivés aux mur, je regarde les planètes qui ornent la tapisserie de sa chambre. Je voudrais m’envoler la haut avec elles.

Mais je suis là cloué sur ce lit a attendre qu’il est fini. Il est là son pantalon baissé, son petit sexe dressé sous son ventre bedonnant. Il grimpe sur le lit me touche un peu l’entre jambe pour que j’écarte un peu plus.

Il se met sur moi.

Je sens cette chose chaude contre moi, et il commence son va et vient. Je ne comprends pas vraiment, mais je sais que c’est mal.

Le frottement me fait me sentir bizarre, il souffle dans mon cou de plus en plus fort. Il m’écrase sous son poids, cette drôle de sensation s’intensifie, je ne suis pas bien mais en même temps elle n’est pas désagréable. Je sais que c’est pas bien, j’ai honte, il râle a mon oreille.

« J’ai mal arrête » Ce sont ces mots qui mettront fin cette fois là et celle d’après a mon calvaire.

Et il s’arrête comme a chaque fois. Et comme a chaque fois on passera à d’autre jeu ou nos corps ne seront plus les protagonistes.

Je sais au fond de moi, que c’est choses ne sont pas normale. Mais cette sensation étrange que je ressentais a chaque fois. Il m’a été permis un jour de savoir ce que c’était et de ne pas en avoir honte, au contraire.

Cette sensation je la chercherai encore longtemps.Mais j’aurais aimé la découvrir autrement que sur un dessus de lit chenille bleu, avec un petit gros a lunettes a l’haleine aillé et avec pour fond sonore morten qui me dit touche moi.

J’ai compris bien plus tard ce que c’était. Mais ça c’est une autre histoire.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :